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Episode 4 : Gérer l’impact de la blessure dans toutes les sphères de sa vie

Bonjour et bienvenue ! J’espère que vous allez tous bien en ce début d’automne et que vous n’oubliez pas de prendre soin de vous. Je vous retrouve ici pour ce nouvel épisode du podcast « ta blessure, ta chance » dans lequel on va s’intéresser à l’impact de la blessure sportive, non pas sur la vie sportive mais sur les autres sphères de la vie. Et l’idée sera bien sûr de te donner des pistes pour diminuer l’impact négatif de la blessure dans ces différents domaines. Je parle en particulier du domaine professionnel et du domaine personnel. Et dans le domaine personnel, j’ai choisi de distinguer le domaine familial, social et le domaine de notre bien-être, sommeil et alimentation en particulier.
On va donc prendre quelques minutes ou dizaines de minutes pour répondre aux questions suivantes : Une blessure sportive impacte-t-elle seulement la sphère sportive ou y a-t-il de fortes chances qu’elles imprègnent les autres domaines de ta vie ? Si c’est le cas, quelles sont les conséquences prévisibles d’une blessure sportive dans ces différents domaines ? Et bien sûr comment faire en sorte, concrètement, que la blessure n’envahisse pas de manière négative ta vie pro, familiale, sociale, ton sommeil et ton alimentation ?

Avant de répondre à ces questions, comme d’habitude je t’encourage, si tu découvres le podcast et que ce n’est pas déjà fait, à cliquer sur « s’abonner » sur ta plateforme d’écoute préférée. Tu peux aussi bien sûr également prendre quelques secondes pour laisser une note et un commentaire. Je t’en remercie sincèrement d’avance, ça me permet de faire découvrir plus facilement les messages que je souhaite transmettre à travers mon podcast.

Et sans plus attendre, car ton temps est précieux, commençons avec le sujet de l’épisode.
Avant toute chose, je souhaite préciser que dans des cas assez rares mais qui existent, une blessure sportive peut déclencher ou révéler une dépression. Dans ce cas, il est primordial de consulter un médecin et de se faire aider. C’est une maladie psychique multi-factorielle qui nécessite un accompagnement et un médecin saura t’orienter vers la meilleure approche pour sortir de cet état.

Avant de passer aux différentes sphères impactées, j’avais également envie de préciser qu’il est normal que la blessure sportive impacte, non pas uniquement la vie sportive, mais fasse «tache d’huile » sur notre vie plus généralement. Et il est important de ne pas se juger pour cela : un piège naturel et difficilement évitable est de sentir une perte d’identité lors d’une blessure sportive, en particulier pour les sportifs ou sportives avec un gros volume d’entraînement qui doivent le réduire drastiquement. On se définit comme sportif parce qu’on fait du sport. Donc si on lève le pied on peut sentir cette identité s’estomper… On peut le vivre très bien, en particulier si les autres pans de notre identité sont solidement ancrés (que ce soit le pan professionnel, le pan familial, le pan social…) mais ça peut être compliqué et créer des tensions si certains pans sont plus fragiles ou simplement si le domaine sportif est le domaine prédominant de notre vie. Ca a été mon cas lors de ma première blessure sportive qui a été un « révélateur » mais je vous en parle plus tard dans cet épisode et j’en reviens au sujet.

Commençons par le domaine professionnel !
Tout d’abord, il est évident que dans le cas des sportifs pros, l’impact sur la sphère sportive et professionnelle sont en miroir. Ce sont des enjeux particuliers avec une remise en question particulière !
Et encore 2 sous-cas : Le premier sous-cas concerne les athlètes pros encadrés qui seront accompagnés pendant la blessure qui fait hélas souvent partie du parcours. Le chemin pour eux est souvent déjà « balisé » et ils sont, pour certains du moins, bien encadrés.
Et puis il y a les coachs, les profs de Yoga, les personnes qui utilisent leurs corps pour enseigner. Dans ce cas particulier l’impact de la blessure sur la sphère professionnelle est donc direct avec des conséquences par exemple financières. C’est un réel problème auquel je n’ai pas de réponse parfaite si ce n’est, si c’est possible, de « prévoir » au niveau matériel (complémentaire santé ou quelques économies) pour éviter d’ajouter à la difficulté psychologique de la blessure des difficultés matérielles.
Bien sûr cela dépend de chaque cas mais de mon côté lorsque j’ai abandonné mon emploi d’enseignante en SVT fonctionnaire pour un travail en roue libre, j’ai pris le temps de revoir pas mal de dépenses. Je vous donne un exemple anecdotique mais que je trouve parlant : j’allouais une part importante de mon budget aux livres, j’en achetais probablement entre 5 et 10 par mois… et à présent je vais à la médiathèque et je me suis aperçue que c’était encore plus chouette ! Je n’en écoute pas particulièrement mais je sais qu’il existe un grand nombre de podcasts qui traitent de ce sujet financier. Je ne suis pas du tout qualifiée pour en parler mais si tu es intéressé(e) par cette thématique, n’hésite pas à chercher et écouter ce type de podcast « financier ».

Mais passons à présent aux cas les plus fréquents où la blessure n’impacte pas directement la vie professionnelle… Deux aspects me semblent importants à soulever.
- Pour commencer et à première vue, le fait d’être blessé et de diminuer sa charge d’entrainement pourrait avoir un potentiel impact positif : en effet, tu disposes de plus de temps pour boucler les dossiers en attente depuis des mois, pour entreprendre ce projet qui te tiens à cœur, pour mettre à jour tes cours si tu es enseignant,… Bref, tu profites de la blessure pour donner un coup de collier dans le domaine pro et cela peut-être, suivant les cas très gratifiant. Au lieu de te morfondre dans ton canapé, tu agis. Ça, c’est très bien, tu vois le verre à moitié plein et tu sais que je suis plutôt dans cet état d’esprit là mais il y a un « mais » ou plutôt un point de vigilance…
Je souhaite en effet soulever sujet un peu touchy qui méritera qu’on en reparle dans un prochain épisode dédié. Ce n’est bien sûr pas toujours le cas, mais la blessure peut survenir dans le cas d’un surentrainement voire d’une addiction au sport (et là encore, même si c’est un sujet tabou, je suis pour l’intervention de professionnels qui travaillent autour de l’addiction). Pourquoi je dis ça ? Parce que le risque est de déplacer son addiction. Pour différentes raisons, comme éviter de se poser les questions soulevées par la blessure sportive ou encore pour continuer à se sentir en contrôle, le risque est de déplacer l’addiction par exemple dans la sphère professionnelle…
Mon conseil, au-delà de ne pas hésiter à consulter si tu sens au fond de toi qu’il y a un souci à ce niveau-là, est le suivant: Ne change pas de routine de manière radicale ou alors de manière très consciente, ponctuelle (pour une période déterminée) et organisée. Ecris noir sur blanc ou alors sur ton agenda numérique les plages horaires que tu alloues à ton travail pour rester conscient du temps que tu y investis. Je reviens sur une de mes passions : Gmail ! Je devrais être sponsorisée par Google !! En effet, c’est mon outil de gestion du temps qui me permet d’équilibrer, en conscience, les différentes sphères de ma vie. Je vous avoue que ma vie pro et sportive sont largement majoritaires mais au moins, j’en ai conscience et je suis vigilante pour ne pas complètement zapper les autres domaines.
Bref, reste vigilant(e) : tu as plus de temps et c’est une opportunité pour t’investir dans d’autres sphères de ta vie mais en étant conscient du temps que tu y alloues ! Bien sûr, ce n’est pas parce qu’on met un cou de collier qu’in va devenir accro au travail! Mais il serait dommage de créer un nouveau déséquilibre duquel on peut avoir du mal à se désengager…

- La deuxième chose, un peu opposée à celle que je viens d’exposer, et qui peut se passer dans la sphère professionnelle ne concernera, heureusement, pas tout le monde. Cela concernera les gens pour qui le sport est une soupape qui permet de supporter un travail dans lequel on ne s’épanouit plus. La blessure sportive implique alors que la soupape du sport devient moins efficace. Tu te retrouves face à la réalité et dans les cas où cette réalité est désalignée avec tes aspirations, ça peut être compliqué. Chaque cas est unique mais je vais te partager mon expérience là-dessus: lors de ma première blessure, celle qui m’a le plus marquée, ma déchirure à l’ischio-jambier un mois avant le marathon de Paris et qui m’a mise 3 mois à l’arrêt. Cette blessure m’a conduite à changer beaucoup de choses dans ma vie pro: cela faisait quelques années que j’étais enseignante en SVT et même si j’aimais mon travail, je commençais à m’ennuyer. Ma blessure a été l’élément déclencheur pour prendre une disponibilité qui a duré finalement 7 ans pour faire de la recherche en Neurosciences avant de retourner enseigner dans l’Education nationale. Et puis j’ai également déménagé en Belgique et, tant qu’on y était, j’ai changé beaucoup de choses dans ma vie personnelle ! Je ne regrette pas du tout d’ailleurs cette étape de ma vie dont la blessure a été le déclencheur.
Mon conseil est donc que, oui, la blessure peut être révélatrice mais il faut avoir conscience que c’est aussi une période de fragilité et donc prendre le temps de réfléchir aux émotions que tu ressens. La blessure est une opportunité pour te retrouver face à face avec ta vie pro mais il est important de se laisser le temps : prendre le temps de la réflexion, de peser le pour et le contre, se laisser le choix de changer plusieurs fois d’avis, écouter son intuition : qu’est-ce que je ressens au niveau du corps ? Quelles émotions ? Qu’est-ce que ça m’indique ? Et puis bien sûr mettre également en balance les pour et les contre plus pratico-pratiques si tu décides de modifier des éléments de cette vie pro.
Pour résumer la période de la blessure est à la fois une période où tu peux faire preuve de lucidité mais également une période de fragilité. Un peu comme un super-pouvoir, il faut donc la manier avec justesse et précaution. Pour exemple, mon départ récent et cette fois ci définitif de l’Education nationale n’a pas été déclenché par une blessure sportive donc il ne s’agit pas exactement du même contexte mais cela m’a pris plus de 2 ans d’acter ma décision. Et puis un jour après 2 ans de va-et-vient décisionnel, la décision a été prise de manière irrémédiable en quelques minutes.


Passons à la deuxième sphère de la vie que je souhaite aborder : la relation aux autres à savoir la vie familiale et sociale
Soyons honnêtes : souvent, la montée du stress, de la frustration, de la tristesse voire de la colère fait monter en flèche notre niveau de désagréabilité. En avoir conscience est une première étape pour contrôler les sautes d’humeur, pas toujours agréables pour notre entourage mais même si on peut apprendre à gérer nos émotions, il est compliqué de le faire en permanence…
Mon conseil est donc d’en parler ouvertement aux proches (ou du moins à ceux avec qui on souhaite garder les meilleures relations possibles). J’ai expérimenté ça et je peux vous garantir qu’expliquer qu’on traverse une période difficile et qu’il se peut que certaines de nos réactions ne soient pas toujours aussi agréables qu’attendues fonctionne! En parler ouvertement permet à notre entourage de comprendre et de faire preuve de soutien et non pas de rejet. Je crois vraiment à ce pouvoir de la communication pour permettre aux autres de faire preuve d’empathie. Attention, je ne dis pas de jouer en permanence à Caliméro, ça serait très pénible pour tout le monde mais simplement de prendre le temps d’expliquer, une fois, clairement, notre situation et le risque de désagréabilité engendré. Cela ne nous donne pas le droit d’être infect bien sûr ! Mais on donne aux autres des cartes pour mieux comprendre et ça c’est fondamental. Et on ouvre le dialogue ce qui facilite la communication dans le cas où on dépasse le seuil de désagréabilité supportable. Par exemple, je suis plutôt second degré et j’aime bien l’autodérision. Mon conjoint sait qu’il peut donc faire des blagues à mon sujet sans que je me transforme en dragon… Cependant en période de fragilité (pas liée à une blessure dans mon cas mais le résultat sur mon humeur était le même), je lui dis clairement : « Pour les quelques jours à venir, évite de faire trop de second degré avec moi… ou alors attends toi à ce que je ne réagisse pas idéalement ».
Ceci me semble d’autant plus profitable que, peut-être suis-je naïve mais je crois plutôt en la potentielle bienveillance des gens surtout si on leur laisse l’occasion de comprendre et de faire donc preuve d’empathie. Alors oui, ce n’est pas toujours le cas : notamment, si vous vous adressez à un non-sportif, cela peut être difficile pour lui de comprendre mais enclencher le dialogue assainit quoi qu’il en soit la situation.
En bref, la réaction des gens peut dépendre, ne sera pas toujours celle attendue, mais tu auras fait de ton mieux, fourni toutes les « cartes » à ton entourage pour te comprendre et c’est le principal.

A présent, je pense utile de faire un focus sur un point particulier et pour cela, je vais te poser une question : qu’en est-il de tes amis sportifs, qui eux, ne sont pas blessés ? Tes amis qui peuvent continuer à s’entrainer sans lever le pied contrairement à toi qui, au mieux, dois modifier ton entrainement ou ne pas aller jusqu’où tu le voudrais, et au pire dois te mettre à l’arrêt… Ressens-tu de l’envie ? peut-être même de la jalousie ? Si c’est le cas, encore une fois, ne te juge pas, c’est un réflexe possible. Mais le risque est que cela te coupe de tes amis sportifs. Et est-ce que se couper de ce pan de ta vie social est une bonne idée ? La réponse peut être « oui » si tu as besoin de prendre du recul. Mais le contraire est envisageable : même si tu ne t’entraines plus autant avec eux, ils restent un lien avec ta sphère sportive et au lieu de les voir comme un rappel de ce que tu ne peux plus faire pour le moment, tu peux les voir comme un rappel de ton objectif, le retour serein à l’entrainement. Et au contraire peut-être que certains sont des personnes idéales pour t’entourer. Comme je te le disais tout à l’heure tu peux leur parler et expliquer ta situation émotionnelle du moment.
. Certains pourront probablement comprendre ce que tu traverses et te supporter: vérifier que tu vas bien, t’écouter sans te juger… Là encore, le but n’est pas de passer ta vie à te plaindre mais juste de savoir que tu peux compter sur quelqu’un en cas de coup de mou.
. D’autres, qui croient en toi, seront là pour te redonner un boost de motivation en cas de doute : t’encourager, suivre tes progrès, croire en toi..
. Et dernière chose : pourquoi ne pas choisir une personne qui a pour rôle de vérifier que tu tiens tes engagements pour mettre toutes les chances de ton côté de guérir vite et bien. Par exemple, quelqu’un qui vérifie que tu fais tes exercices de kiné avec régularité… que tu ne t’enflammes pas pendant tes entrainements si tu peux encore t’entrainer afin de rester dans ta zone de sécurité du moment…
Et en plus, il y a un bonus : c’est l’occasion de travailler ta gratitude et de remercier ces personnes qui t’entourent !
En résumé, au lieu de distendre les liens, ce qui est un risque en période de blessure, tu peux mettre toutes les chances de ton côté de les garder intacts, voire même de les renforcer. Tu partageras peut-être moins de moment quantitativement mais tu amélioreras potentiellement la qualité de tes relations.


Venons-en au troisième point qui m’intéresse : l’impact de la blessure sur l’hygiène de vie, en particulier le sommeil et l’alimentation
- Pour commencer, penchons-nous sur l’impact de la blessure sur le sommeil… Pourquoi ? Parce que le sommeil est un pilier fondamental pour guérir de manière optimale et ne pas se reblesser ! J’ai déjà publié des posts sur Instagram à ce sujet mais on sait qu’un manque de sommeil peut multiplier par deux voire trois la probabilité de se blesser. Cela dépend des études et notamment de l’âge de la population étudiée mais le message est clair : dors au moins (c’est le minimum du minimum) 7h par nuit ! Je répète c’est le minimum du minimum… Et c’est un facteur limitant : tu pourras faire tout ce que tu veux, si tu ne dors pas suffisamment, ta probabilité de guérir de manière rapide et optimale sera compromise et la probabilité de te re-blesser augmentera. A toi de voir si tu préfères te coucher un peu plus tôt ou te lever un peu plus tard mais c’est vraiment important. Et la qualité du sommeil est également à prendre en compte. Je t’en reparle tout à l’heure.
Alors pourquoi la blessure impacte potentiellement ton sommeil ? Lorsque tu te blesses et que tu ne peux plus t’entrainer comme tu le souhaiterais, il est probable que ce soit, comme on le disait précédemment, un facteur de stress. D’autre part, il se peut que tu te dépenses moins physiquement et que tu ne ressentes plus cette fatigue liée au sport, cette fatigue saine qui te mène au lit après une journée où tu as bien bougé. Il est donc logique que ton sommeil soit impacté par cet augmentation de stress et cette baisse de dépense physique.
Mon conseil est donc de te pencher sur ta routine du soir. Je te redonne un conseil archi-classique : je sais que tu sais mais un rappel à ce sujet n’est jamais inutile pour se remettre sur les bons rails. Au moins 2h avant le coucher, abaisse l’intensité lumineuse et met les écrans hors de portée. Je confesse que je regarde souvent une série ou un film avant de me coucher (enfin parfois c’est plutôt la série ou le film qui me regarde parce que je m’endors !!) mais par contre je coupe toute interactions avec mes mails, les réseaux sociaux et tout ce qui pourrait agiter mes neurones… Au-delà de ça, crée un rituel qui peut englober une méditation, une respiration, une tisane, une brume odorante sur ton oreiller,… A toi de voir !
La qualité de la manière dont on va vers le sommeil est donc très importante mais, comme je l’ai évoqué tout à l’heure la qualité du sommeil lui-même l’est également: on sait en particulier qu’un environnement silencieux et sans lumière est un gage de récupération efficace. Et même si tu peux dormir dans le bruit, que tu fais partie de ces gens qui ne se réveille pas malgré le bruit, la qualité de ton sommeil en est impactée. Donc, si tu dors dans un environnement silencieux, c’est parfait… Mais si ce n’est pas le cas, c’est un levier d’action intéressant. Changer d’environnement peut se révéler compliquer bien sûr mais l’utilisation des boules Quies peuvent être une solution (j’en suis une grande adepte lorsque je voyage en particulier et que je ne connais pas l’environnement sonore que je vais rencontrer). Etrange voire inconfortable au début pour certains, cela peut vraiment devenir une habitude. Et si c’est la luminosité qui pose problème, il existe de très beau masque pour les yeux. J’en ai un en pilou pilou de toute beauté…
Pour résumer mon message ici est le suivant : Profite de cette période compliquée pour mettre en place de bonnes habitudes de sommeil … et les garder par la suite!

- Une autre sphère qui peut être impactée est la sphère alimentaire. Je compte faire intervenir un spécialiste sur le sujet parce là encore, on se dirige vers un sujet délicat mais que je trouve extrêmement intéressant. Je voudrais donc en dire quelques mots : la période de la blessure est une période sensible, en particulier au niveau du rapport au corps. La première chose importante est, comme souvent, d’en avoir conscience et de ne pas se juger. C’est OK de se poser des questions, d’avoir peur de voir son corps se transformer. Mais c’est important d’avoir conscience que c’est alors une période sensible.
Pourquoi une période sensible?
Ce n’est pas le cas de tous les sportifs et sportives mais pour certains, comme je le disais, la peur de voir le corps changer peut surgir. A l’angoisse de perdre son niveau sportif, s’ajoute parfois la peur de perdre du muscle mais aussi bien sûr de grossir. On ne va pas se mentir, même si la société évolue et c’est tant mieux, les messages qu’on nous envoie prônent toujours la minceur et peuvent créer une angoisse de la prise de poids. C’est un vrai fléau sociétal qui a un impact psychologique énorme, en particulier sur les femmes (même si je crois aussi que les hommes peuvent en souffrir). Les femmes pourront en effet peut-être se sentir davantage concernées en raison des critères physiques, en particulier de minceur, dont on nous abreuve, hélas dès notre plus jeune âge. Ajoutons à cela que si on est jugée trop maigre ou trop musclée, on est également stigmatisée.. ce n’est pas le sujet ici mais je voulais juste rappeler à quel point le rapport au corps chez beaucoup de femmes est fragilisé. Cette peur de voir le corps changer peut également concerner les hommes puisque, eux également peuvent subir des injonctions : à être forts, musclés, à ne pas avoir trop de ventre, etc…
Je ne dis pas que c’est le cas de tout le monde et c’est bien heureux mais je suis certaine que certains d’entre nous se sentiront concerné(e)s par cette image conflictuelle du corps activée, réactivée ou démultipliée en période de blessure sportive. Et même hors de cette fragilité liée à l’image du corps, certains sportifs ou sportives peuvent tout simplement avoir peur de voir leur corps se modifier en raison de l’impact que cela aura sur leurs performances sportives.
Je n’ai pas de recette miracle pour lever ces craintes mais quelques idées qui pourront se révéler efficaces !

Tout d’abord, je tiens à préciser que pour des blessures courtes, la modification du corps que l’on craint est peu fondée mais si la peur existe, alors elle doit être prise en compte. Pour des blessures longues, la modification du corps est réaliste bien sûr, il ne faut pas se mentir mais elle souvent crainte de manière disproportionnée. Souvent cette transformation est moins terrible que ce qu’on imagine. En effet, si tu es un sportif ou une sportive musclée alors la présence du muscle fait que ton métabolisme est probablement assez haut et le restera un bon moment. N’oublie pas que le muscle ne se construit pas en 2 jours, mais n’est pas non plus catabolisé, détruit en 2jours ! Mais malgré cela, l’angoisse peut-être présente et rendre la période de la blessure particulièrement lourde.
Voici donc quelques conseils :
Premièrement, si c’est possible, trouve des alternatives pour te dépenser. Je ne te dis pas cela pour t’inciter à brûler des calories mais pour conserver le bien-être qu’apporte le fait de bouger. C’est vraiment un levier important pour éviter de rentrer en conflit avec ta blessure, en continuant à sentir ton corps bouger, à libérer les hormones et les neurotransmetteurs liés à la pratique physique. Même si la pratique physique varie, le bien-être ressenti est bien réel !
Je te donne ici un exemple tout bête, qui ne fait pas rêver mais qui a le mérite d’exister : Lors de certaines périodes de blessures, j’ai fait pas mal d’aquagy. J’avoue que ce n’est pas l’activité où je m’épanouis le plus mais cela a eu le mérite de me maintenir en mouvement et de ressentir ce bien-être lié à un corps en mouvement. En particulier le contact de l’eau, chez moi, me fait énormément de bien. Et ce n’est pas étonnant, on connait les vertus de l’eau et même de la présence d’étendue d’eau dans l’environnement (qu’il s’agisse, de la mer, de l’océan, d’un lac, d’un fleuve) sur le bien-être mental. Alors pourquoi, en fonction des possibilités liées à ta blessure, ne pas tester le paddle (voire même le paddle yoga !) si tu en as la possibilité ou si ce n’est pas possible, la rando tout simplement ou certains sports portés comme le VTT… ou je le répète l’aquagym (je ne te vends peut-être pas du rêve avec l’aquagym, quoique certains cours sont extrêmement dynamiques et sympas, mais cela peut-être une piste de réflexion !). Internet est un outil formidable pour découvrir les activités de notre région et les clubs sportifs à proximité, alors autant en profiter !
Si ta blessure empêche toute activité physique ou la complique excessivement, alors cela va être une occasion de travailler sur l’acceptation. C’est une règle de vie Yogique, appelée Santosha qui est une étape essentielle pour surmonter une blessure. Accepter que tu n’as pas de baguette magique pour changer la situation…
Une piste est de trouver de l’inspiration autour de nous. Je tiens à préciser que comparer son « malheur » à celui des autres ne me semble pas forcément productif : chaque situation est vécue différemment et il n’y a pas d’échelle du « malheur » (bien sûr que certaines situations sont indéniablement dramatiques… mais une situation qui nous semble surmontable peut être compliquée pour quelqu’un d’autre et c’est important de le respecter). Par contre s’inspirer des autres est un outil intéressant. Je pourrais citer un grand nombre d’exemple mais c’est Philippe Croizon que j’ai à l’esprit et que vous connaissez peut-être déjà: dans cet exemple inspirant on ne parle pas d’une blessure mais d’une amputation des 4 membres qu’il a vécu à l’âge de 26 ans, suite à une électrocution sur son toit. Et justement, Philippe Croizon a vécu plusieurs années terriblement sombres avant de sortir de ce tunnel et accomplir les exploits incroyables qu’on lui connait dont la traversée de la Manche à la nage. La phase d’acceptation peut prendre un temps plus ou moins long mais elle est nécessaire pour faire quelque chose de positif d’une situation qu’on n’a pas choisie. L’acceptation ne se fait pas du jour au lendemain mais prendre conscience que c’est une étape nécessaire pour mieux vivre une situation sur laquelle on n’a pas de contrôle est un premier pas important.
Et puis, pour t’aider dans ton cheminement et y apporter de la joie, dans le cas où les activités physiques sont impossibles, alors c’est le moment de faire tout ce que tu n’as jamais osé faire : t’inscrire à un club de théâtre, voire de théâtre d’improvisation, apprendre le japonais, te mettre au dessin, commencer ou reprendre un instrument…
En bref, bouger différemment est une idée intéressante pour garder un rapport positif au corps et si cela est impossible, alors vois cette épreuve comme une opportunité de travailler sur l’acceptation : cela te servira à de nombreuses autres occasions, c’est probable et deviendra même une force. Et puis profites-en pour tenter toutes les expériences artistiques ou créatives que tu n’as jamais osées tenter…

Deuxième conseil ou plutôt mise en garde pour mieux vivre l’angoisse de la « modification » du corps, qu’elle soit fondée ou non. Il s’agit de la relation à la sphère alimentaire. Il est bien sûr possible d’agir au niveau de l’alimentation mais il va y avoir beaucoup de « mais » !
. Tout d’abord, adapter son alimentation si on a moins faim parce qu’on se dépense moins, c’est parfaitement naturel. Je rappelle que la sensation de faim est notre boussole alimentaire naturelle. Donc le conseil le plus simple est tout simplement de suivre cette boussole alimentaire. Cette boussole peut cependant être déréglée suite parfois à des injonctions sociétales, des fausses croyances ou encore des régimes qui conduisent à se sentir perdu(e) concernant la quantité et la qualité de ce qu’on doit manger. C’est vrai tout le temps bien sûr, hors période de blessure mais je répète que la blessure est un moment sensible. Et cette période qui pour certains peut rimer avec fragilité est alors propice pour l’apparition de troubles alimentaires comme une dérégulation de la prise alimentaire : anorexie/ boulimie ou hyperphagie ou encore un contrôle obsessionnel de la prise alimentaire, l’orthorexie. En cas de troubles pré-existants, c’est une période où ils peuvent s’accentuer. En période de fragilité, si on sent que le comportement vis-à-vis de la nourriture devient problématique il est important de se faire aider et de consulter : il peut s’agir de psychologue pourquoi pas spécialisé ou alors d’hypnothérapeute ou d’autres pratiques douces si cela vous parle (là encore certains sont spécialisés…).

. Ensuite, un autre point important au sujet de la gestion de cette sphère alimentaire est de ne pas mettre en place de restriction ou d’interdiction : mettre en place un régime parce qu’on est blessé(e) et qu’on a peur de grossir, c’est mettre le doigt dans un engrenage qui peut mener loin et pas forcément dans des endroits qu’on a envie d’explorer… Même sans séance de sport tu as droit à un pain au chocolat (oui, je dis pain au chocolat, je suis de Nimes). Et si tu es Bordelais, tu as droit à une chocolatine ! Il est possible de diminuer les quantités, en particulier si la faim diminue, mais il est complètement déconseillé de mettre en place des privations. La double punition du corps ne mène à rien! Le corps est blessé, il n’a pas besoin de subir d’autres frustration et cela peut même être défavorable à la guérison de la blessure.
Alors attention, je ne dis pas qu’on ne doit pas veiller à son alimentation ! Mais si tu es sportif, tu le sais… Bien sûr que je ne conseille pas de faire de McDo sa cantine, bien sûr que je conseille d’éviter les produits hyper-transformés regorgeant d’additifs alimentaires… Mais ça c’est vrai qu’on soit blessé ou non. Et finalement, si on est à l’écoute du corps, on se rend compte que ce type d’alimentation n’est au final pas satisfaisante. De lui-même, le corps ne fait pas de Mc Do sa cantine…Et c’est le moment où je confesse que je vais en général, quand même, une fois par an chez Mc Do sur la route des vacances. Ce n’est pas très yogique mais tant pis ! Une fois par an c’est bien, juste pour me rappeler que malgré les publicités qui défilent devant mes yeux, je ne rate pas grand-chose en n’étant pas une adepte des fasts foods.


L’épisode touche à sa fin et avant de résumer tout ce qu’on vient de dire, je te rappelle que tu peux télécharger gratuitement la « Roadmap pour sportif blessé : Huit étapes pour surmonter la blessure et rebondir ». Elle te donnera des pistes de réflexion pour naviguer sereinement dans cette période. Elle est très rapidement lue et complètera ce que je te transmets dans ce podcast.
A ce propos, passons au résumé de l’épisode pour que tu emportes avec toi les messages les plus importants:
- La blessure peut tout d’abord impacter ta vie professionnelle ! Pour ceux qui travaillent dans le domaine sportif mais également pour les autres : c’est d’une part, une période durant laquelle il peut-être tentant de se plonger à corps perdu dans le travail. C’est bien sûr possible mais attention à rester conscient de cette implication. C’est d’autre part, une période propice aux questionnements, à manier bien sûr avec prudence. Il ne s’agit pas de tout chambouler mais peut-être juste de se questionner sur des réajustements bénéfiques.
- Côté vie familial et social, devenir imbuvable est un risque mais j’ai une solution : En parler! Cela permet de créer des liens, d’être soutenu et d’avancer ! Et n’oublie pas de saupoudrer cette sphère de ta vie de gratitude même si la période est compliquée.
- L’impact sur le sommeil doit aussi être pris en compte et la période peut être utilisée pour revoir ses habitudes de sommeil. Et on sait combien le sommeil est important pour la guérison et pour éviter de se blesser à nouveau !
- Enfin, la relation à l’alimentation peut être impactée. La peur du changement physique est compréhensible même si on la surestime souvent. La régulation peut se faire naturellement mais surtout, attention aux pièges du contrôle alimentaire et des privations !


Je te remercie d’avoir écouté le podcast. N’hésite pas à revenir vers moi pour me faire part de tes retours, je suis toujours ravie d’échanger, ou encore à partager cet épisode (en me taggant pour que je puisse te remercier). A très bientôt pour un nouvel épisode. Et surtout, prends soin de toi, tu le mérites. Ciao ciao

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