Rechercher
  • Anyes

Episode 6: Mieux vivre le doute

Bonjour et bienvenue !
Je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de podcast.
La thématique de cet épisode m’a été suggérée par Laurène et j’ai trouvé que c’était un sujet très intéressant à explorer d’autant plus qu’il est loin d’être facile à traiter. Bref, je sors un peu de ma zone de confort pour aller chercher des réponses et des suggestions qui j’espère t’aideront, Laurène, mais aideront également chacun d’entre vous. Il s’agit du doute.
Le doute qui t’habite quand tu ne sais pas si tu pourras revenir à ton niveau d’entrainement, repratiquer comme tu le souhaites, faire les choses que tu ambitionnes de faire.
Laurène me demande ici comment gérer le doute de savoir si elle va récupérer ou non d'une blessure. Dans son cas, c’est une blessure ancienne qui se répare difficilement ce qui rend la situation particulièrement anxiogène. Laurène m’a écrit que le sport est une valeur forte pour elle et je pense que c’est le cas d’un grand nombre d’entre nous. Pour elle, c’est une condition sine qua non de son épanouissement et accomplir les défis sportifs qu’elle s’est lancés fait partie, comme elle me l’a écrit, des critères pour réussir sa vie.

- Tout d’abord merci Laurène de m’avoir suggéré ce thème qui m’a directement parlé puisque je me suis vraiment reconnu dans ta description. C’est pourquoi j’ai décidé dans cet épisode de te parler un peu de mon expérience personnelle.
- J’ai eu envie ensuite de t’expliquer en quoi douter est normal mais constitue un obstacle avec lequel le cerveau a du mal à cohabiter.
- Et puis bien sûr l’idée est également de trouver des solutions pour mieux gérer ce doute.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, n’oublie pas que tu peux télécharger gratuitement ma Roadmap « 8 étapes pour surmonter une blessure sportive et revenir plus fort à l’entrainement ». Il te suffit de cliquer sur le lien que tu trouveras dans les commentaires de l’épisode, indiquer ton adresse mail et hop, tu as directement accès à ce court document qui t’indique des pistes de travail pour bien vivre ta blessure et même en faire une force.

Et sans plus attendre passons au vif du sujet !

Comme je te le disais, je souhaitais commencer par te partager mon expérience autour du doute parce que c’est quelque chose que j’ai expérimenté, dans un cadre qui ressemblait à ce que décrit Laurène : une blessure récurrente qui m’empêchait d’accomplir des choses qui me tenaient réellement à cœur.
Pour commencer, si comme Laurène la pratique sportive est une condition essentielle à ton épanouissement personnelle, sache que tu n’es pas seul(e) ! Certaines personnes peuvent avoir du mal à comprendre cela mais chacun a des valeurs différentes et c’est tant mieux. De mon côté, le pilier du sport est un pilier essentiel de vie et je rencontre régulièrement des gens qui ne comprennent pas comment cela peut constituer une valeur essentielle. Pourtant, il n’y a pas de bon ou de mauvais pilier. Il y a tes piliers, à toi. Il est juste important d’en avoir conscience pour pouvoir construire autour. Donc le fait que le sport soit un pilier de vie ne doit pas amener de culpabilisation même si parfois, on a alors l’impression de ne pas rentrer dans un « moule » classique (et c’est une femme qui a choisi de ne pas avoir d’enfant qui vous le dit donc je sais de quoi je parle quand je dis que oui, on a le droit de ne pas rentrer dans le « moule » et surtout on a le droit de se sentir bien hors du « moule »).
Mais revenons-en à notre pilier du sport ! Le problème avec la blessure, c’est que bien sûr, la blessure fragilise ce pilier. C’est quelque chose qui me parle complètement parce que j’ai subi pendant de nombreuses années des tendinites aux ischios-jambiers (c’était le ping-pong, 1 côté, l’autre, les deux même parfois et rebelotte, ça repartait pour un tour !) parfois très douloureuses qui restreignaient drastiquement mon activité sportive. Ce n’est pas ma seule blessure mais c’est celle qui ne m’a pas lâchée pendant très longtemps. Et forcément, j’en reviens au sujet, je doutais : est-ce que j’allais m’en sortir ? Est-ce que je pourrais à nouveau courir librement, pratiquer sans angoisse la poledance ? Ou encore est-ce que je pourrai surfer sans me dire que j’allais accentuer mes douleurs.
Petit message d’espoir ici : La réponse est OUI ! Après plusieurs années (la limite est difficile à placer mais à partir de ma déchirure à l’ischio-jambier, j’ai galéré plus de 5 ans !), je m’en suis sortie. Donc j’avais quand même envie de lancer le message qu’on peut être enfermé dans un cercle infernal de la blessure à répétition et s’en sortir. De mon côté, la différence s’est faite lorsque j’ai trouvé une pratique de Yoga adaptée qui m’a aidé entre autres à écouter mon corps et à ne plus le considérer comme un instrument. Ce n'est pas ici le sujet du podcast mais cela pourra faire l’objet d’un épisode.

Attention : je ne prétends pas que je ne me reblesserai plus jamais mais cela fait plusieurs années que je ne me suis pas reblessée. Personne ne contrôle tous les paramètres, je suis humaine mais j’ai des outils pour une pratique sportive plus saine et surtout, je sais que si je devais me reblesser, je saurais à présent beaucoup mieux le gérer y compris gérer ce doute dont Laurène parle.
Bref, mon exemple montre qu’on peut s’en sortir. Et j’avais envie de commencer par donner ce message positif. Mais finalement, ici, on s’en fiche! Cela n’empêche pas que, même si on sait qu’il est possible de s’en sortir, le doute reste quelque chose d’envahissant et de compliqué à gérer. Je passe donc au deuxième point que je voulais soulever et là je prends ma casquette de neuroscientifique : est-ce normal que le doute soit particulièrement difficile à gérer ou est-ce que si je vis mal le doute, j’ai un problème ?

La difficulté à gérer le doute (Neurosciences)
Avant de commencer, je voulais juste être sure qu’on parle de la même chose dans cet épisode. Ici, je parle de l’état d’esprit qui consiste à être incertain au sujet de l’issue d’une situation. On peut élargir la définition mais dans cet épisode on gravitera essentiellement autour du doute qui consiste à se demander : quelle sera l’issue de ma blessure ? Est-ce que oui ou non, je vais récupérer? Bref, on peut également le définir comme un manque de certitude.

Je veux tout d’abord te rassurer si tu as du mal à vivre avec le doute, c’est parfaitement normal et c’est la faute de ton cerveau. Le cerveau humain est bien fait mais hélas la vie moderne a évolué plus rapidement que notre cerveau… Il existe des évolutions très rapides mais cela concerne plutôt des espèces comme certaines espèces d’insectes lorsqu’ils sont soumis à la pression de la sélection naturelle. Mais pour l’espèce humaine, c’est plus compliqué : les générations sont plus longues, les processus sont plus compliqués et d’ailleurs la notion même de sélection naturelle chez l’homme a été modifiée avec les progrès de nos sociétés. Bref, tout ça pour dire qu’on a un souci. Un cerveau très performant mais qui a quelques bugs quand même et en particulier quand il s’agit de gérer certaines situations qui par le passé, étaient incompatibles avec la survie. Il y a plusieurs milliers d’années (ce qui est très peu en terme évolutif), douter n’était pas une bonne chose. Il fallait mieux avoir la capacité d’agir rapidement pour sauver sa peau.
Aujourd’hui, le doute c’est-à dire l’incertitude, c’est quelque chose que nous expérimentons régulièrement, au quotidien. Finalement, nous sommes cernés par l’incertitude dès lors qu’on a un choix et qu’on n’a pas toutes les cartes en main pour faire ce choix. Ne serait-ce que choisir un plat dans un restaurant peu susciter du doute (« Ai-je fait le bon choix ? J’aurais peut-être dû choisir comme Jean Daniel, non… ?»). Lorsque cette incertitude concerne des faits peu graves et qui n’impacte pas nos vies de manière importante, on s’en accommode. Mais dans le cas de la blessure, cette incertitude concerne une sphère entière de notre vie, à moyen voire long terme : donc pas cool !
De plus, on sait que l’incertitude est amplifiée par le manque d’information. Donc re-pas-cool. Dans le cas de la blessure, on dispose en général d’informations lacunaires parce que nous sommes des êtres humains et pas des voitures qu’on amène chez Feux vert ou Speedy (Et encore, même pour des voitures, certaines pannes restent mystérieuses…).! Dans le cadre de la blessure sportive, on peut bien sûr établir un diagnostic et une évolution attendue mais les blessures sont souvent multifactorielles ce qui compliquent nettement la donne !

Des études hyper intéressantes ont été faites et j’ai envie de vous en parler pour étayer ce que je viens de dire. Je répète : c’est normal de se sentir mal lorsqu’on doute. Le cerveau aime la certitude, il aime la routine, il déteste le changement. Aucune personne ne vit sa vie sans douter et ce n’est en général pas quelque chose qui est agréable.
- Premièrement, des études, basées sur l’étude de lésions virtuelles, montrent que l’une des zones particulièrement impliquées dans le doute est le cortex préfrontal. En soi, cela ne nous aide pas sauf que c’est une zone qui est également central dans la prise de décision ou l’évaluation des performances. On dit souvent que c’est le chef d’orchestre du cerveau. Un doute récurrent peut donc perturber cette zone cruciale. En bref, on se sent perdu…
- Deuxièmement, d’autres zones ont été repérées grâce à une expérience faite sur des singes. Le protocole était le suivant : on présentait des images à des singes et on associait ou pas à un stimulus désagréable (un souffle dans l’œil). Lorsqu’on présentait un rond aux singes, ils recevaient toujours le stimulus désagréable et lorsque c’était un triangle, ils ne le recevaient jamais. Et lorsqu’on présentait un carré, les singes recevaient ou pas (donc de manière incertaine) un souffle dans l’œil. On a tout d’abord pu observer l’activation de zones particulières lors de la présentation du carré, lorsque l’issue était incertaine (souffle ou pas souffle) : il s’agit de l’Amygdales ( zone liée à la peur!) ainsi que d’autres zones associées. Il est intéressant que ces zones soient associées aux souvenirs émotionnels et on comprend alors qu’incertitude et émotions soient étroitement liées. Et pour info, l’étude a plus précisément démontré qu’il existe même une population particulière de neurones activés en cas d’incertitude qu’on peut appeler les neurones de l’incertitude.
Ce qui nous intéresse ensuite ici c’est qu’une libération des hormones de l’anxiété a été associé à l’activation des zones concernées. Et cette anxiété peut perdurer et même alimenter l’incertitude ce qui constitue un cercle vicieux. On a donc soulevé un point crucial : l’incertitude génère de l’anxiété. Et on sait que cette anxiété perturbe le fonctionnement du cerveau et qu’on peut donc se sentir, un peu « à côté de ses pompes » dans ce genre de période où l’incertitude s’installe. En fait, c’est un sujet qui a été pas mal étudié en lien avec la situation inédite qu’on a connue, la pandémie mondiale liée au Covid. Parce que là aussi l’incertitude était dominante.

Pour terminer avec cette partie, j’avais juste envie de faire appel à un texte de référence du Yoga moderne, les yoga Sutras de Patanjali pour vous montrer à quel point Yoga et Neurosciences sont en lien. Patanjali, dans ses yogas sutra nous indique qu’il existe des obstacles qui, et je cite, « dispersent la conscience ». Et par dispersion de la conscience Patanjali fait référence à l’agitation du mental. Tu sais, quand ton cerveau est comme un petit singe qui saute de branche en branche et pas forcément des branches auxquelles tu as envie de penser ! Quand ton cerveau rumine aussi parfois… Il cite plusieurs obstacles à un mental apaisé dont le doute ! C’est un texte qui a environ 2000 ans donc le problème n’est pas nouveau ! Et dans le Sutra suivant, Patanjali nous dit que « la souffrance, l’angoisse, la nervosité, une respiration accélérée, sont les compagnons de cette dispersion ». On retrouve l’anxiété dont nous venons de parler !

Pour résumer, dans le cas de la blessure, en particulier si elle est récurrente, si elle dure dans le temps ou si son évolution est en lien avec des paramètres qu’on ne contrôle pas, le cerveau manque d’élément. Il manque d’élément pour calculer précisément la probabilité des différentes issues possibles. Le cerveau n’a pas suffisamment de données et n’est donc pas en capacité d’évaluer rationnellement la situation et l’issue future. Plus l’issue est incertaine, plus l’efficacité d’évaluation du cerveau diminue. Nous préparer à l’avenir devient plus compliqué et cela génère de l’anxiété. Si un peu d’anxiété est normal, voire bénéfique (pour la vigilance, la prise de décision rationnelle et même la motivation !), la sensation d’appréhension sur l’issue est délétère à long terme, au niveau de l’énergie, des émotions, voire des actions.
Tu l’auras compris, éliminer l’incertitude est illusoire. La stratégie à adopter est donc de mieux vivre avec le doute.
Et pourquoi est-ce important d’arriver à vivre avec l’incertitude ?
Et bien, Markham Heid, un journaliste qui travaille autour des thèmes de santé dit justement que « La capacité d’une personne à traverser des périodes d’incertitude est une caractéristique fondamentale d’un esprit sain et résilient.» Donc en apprivoisant le doute, on pourra se sentir mieux et se relever, peut-être même plus fort. C’est la magie de la résilience !

Et là tu te dis que je suis bien gentille mais qu’une question persiste : « Comment faire pour mieux vivre ce doute? ».
La bonne nouvelle, c’est que la situation n’est pas désespérée !
Te dire de « calmez tes neurones de l’incertitude », c’est sympa mais ça va être un peu compliqué, ça ne va pas servir à grand-chose…
Je me suis donc demandé : comment vous donner des solutions actionnables pour mieux vivre le doute évoqué par Laurène?
J’espère que tu seras convaincu(e) qu’il est normal que tu n’aimes pas l’incertitude et que tu n’as pas à t’en vouloir pour ça. Les Neurosciences et le Yoga, pourtant, de base, séparés de plusieurs siècles voire millénaires, se rejoignent ici pour t’indiquer que c’est un processus normal.

Mais alors comment hacker le système ?
Je te propose plusieurs pistes.
1) Aller chercher de l’info
Frédéric Stoll, Dr en neurosciences écrit que « Quand nous sommes dans un contexte d’incertitude, la seule issue est d’aller vérifier, rechercher de l’information, pour prendre la meilleure décision possible. Nous faisons cela en permanence ». Comme je te le disais, l’issue de la blessure est incertaine mais es-tu allé chercher le maximum d’infos ? Comme le suggère Zoé Daligault, dans l’interview que tu pourras retrouver dans le podcast, il ne faut pas hésiter à prendre plusieurs avis médicaux dans le cas où ton cas est complexe. Ici le propos n’est pas de dire « good kiné/ bad kiné ». C’est de dire qu’il est important de trouver un médecin ou un kiné avec qui tu te sentes entendu(e), écouté(e) et qui, peut-être, a déjà rencontré un cas comme le tien. On sait que la relation médecin/patient joue énormément. Cela a été prouvé par des études scientifiques. Et je peux te citer un exemple personnel. Ma maman qui est cardiologue à la retraite me disait souvent, lorsqu’elle était en activité et ça m’a marqué, qu’elle soignait le cœur et les artères mais que 50% de son travail consistait à écouter les gens! Donc tu as le droit de demander plusieurs avis et de chercher une écoute bienveillante. Peut-être te sentiras-tu en confiance dès le premier médecin et le premier kiné que tu consulteras. C’est tant mieux. Mais si tu as des doutes et bien justement lève ce doute et prend un autre avis.


2) Arrêter de ruminer
Tu vas détester que je te dise ça parce que bien sûr que si tu pouvais, tu arrêterais ! Mais je vais te donner quelques techniques un peu plus tard. Je te dis juste cela pour que tu en prennes réellement conscience. Je n’ai pas dit que c’était facile mais j’ai dit que tes pensées sont « entre tes mains ». Le simple fait d’en avoir conscience est un pas très important. Tu génères tes pensées. Tu as le pouvoir de choisir si tu les entretiens ou pas, si tu t’y accroches ou pas. Je répète : c’est un travail long mais « Tu génères tes pensées. Tu as le pouvoir de choisir si tu les entretiens ou pas, si tu t’y accroches ou pas. » C’est un modèle qui a particulièrement été développé par Brooke-Castillo et que je développerai probablement dans un épisode futur.
Tu as peut-être l’impression que le doute est un problème alors qu’en réalité, c’est un simple constat qui provient du fait qu’il est impossible de connaitre l’issue de la blessure. Le problème ce sont les pensées autour du doute, l’anxiété qui en découle.
Ce qui est d’autant plus embêtant dans la génération de pensées négatives, c’est qu’en gros tu vas renforcer les connexions neuronales, les connexions synaptiques correspondant à ces schémas de pensées négatives. Un peu comme si tu créais des boucles de pensées négatives qui peuvent même à un moment devenir automatiques.

Alors, encore une fois mais je préfère le répéter 1000 fois : l’idée n’est pas de refouler les pensées négatives. Il est normal que tu génères des émotions, des pensées pas toujours agréables. Une première étape est même d’observer ses émotions, ses pensées négatives. C’est par cela qu’on commence dans mes programmes parce que ça ne sert à rien de construire si on n’a pas assaini les fondations, si on n’a pas pris le temps d’observer avec lucidité et d’accepter.
J’en reviens donc à mon conseil : L’idée est d’accueillir ces pensées mais de ne pas les entretenir, ne pas les alimenter!

Mais comment sortir de ce schéma de rumination ?
Je sais que ça parait trop beau pour être vrai mais la méditation est un outil très efficace contre les pensées envahissantes. Tu leur offre un espace pour exister mais surtout se dissiper !

Si tes blessures te le permettent, je te conseille d’associer cela à une pratique physique du Yoga. Tu pourras prendre un temps de calme en début de pratique et à la fin de la pratique. L’avantage, en particulier pour un sportif, et c’est d’ailleurs une des raisons d’être des postures, c’est que le mouvement du corps va favoriser l’état de calme du mental. Alors parfois, tu feras ta liste de courses en méditant, surtout au début mais pas de jugement, c’est une pratique qui devient de plus en plus confortable et même incontournable une fois qu’on la réalise régulièrement.

Quel type de méditation, me demanderas-tu ?
Juste un petit rappel mais je préfère le faire : en cas de dépression avérée, oublie ce conseil, la méditation n’est pas conseillée. Sinon, je te conseille de commencer par des méditations guidées mais tu peux essayer en autonomie et t’amuser (je dis bien t’amuser, il est important de garder un aspect de curiosité, de découvertes, d’exploration…), t’amuser à observer tes pensées. Tu peux imaginer que ce sont des nuages dans le ciel et que tu les regardes puis tu les laisses partir. Tu peux bien sûr trouver n’importe quelle autre image. L’important c’est de prendre conscience que tes pensées sont des productions du mental, un peu comme des pop-ups sur un ordinateur. Et à partir de là, à toi de t’entrainer pour ne pas les retenir, comme si tu fermais tes pop-ups sur ton ordinateur. Je ne suis pas sûre que cette métaphore soit très Yogique mais c’est parlant !
Tu peux aussi observer tes sensations, tes émotions, ta respiration… Tu peux ainsi prendre 5 minutes pour faire une météo intérieure. Et surtout le plus important c’est de ne pas te juger. Justement, essaye d’observer sans générer de pensées de jugement. Ce n’est pas forcément évident mais reviens à ce que je viens de te dire si des pensées surgissent : ferme les pop-ups !

Je voudrais en profiter pour soulever une erreur assez fréquente qui alimente le cercle des pensées négatives. L’erreur est la suivante : S’identifier à ses émotions, par exemple s’identifier au doute. Non, tu n’es pas tes émotions.
C’est une bonne chose d’arriver à identifier et nommer l’émotion, ici le doute. Mais ce n’est qu’une émotion, c’est-à-dire une sensation physique avant toute chose, certes désagréable mais c’est simplement une émotion. Tu ressens du doute, dans ton corps et ton mental, mais n’oublie pas que tu n’incarnes pas le doute, tu n’es pas le doute. Parfois on ne se voit plus qu’à travers le prisme de ce doute et cela peut faire un effet loupe. Notre vie entière se teinte de cette couleur du doute…
Donc on prend un peu de recul et on s’aperçoit que le doute est une émotion qui nous traverse mais en aucun cas elle ne nous constitue ! Et comme précédemment dit, la clé c’est la méditation qui te permet de prendre du recul, de te placer en observateur pour ne pas fusionner avec tes émotions. Tu pourras choisir de te laisser imprégner par des émotions mais alors pourquoi ne pas plutôt te laisser imprégner avec de la joie ou de la confiance ?

En fait je n’ai pas prononcé le mot mais on tourne ici autour d’un concept qu’on appelle l’intelligence émotionnelle, tu as peut-être déjà entendu parler de cela.
On a déjà parlé de lucidité mais composer avec ses émotions va nous permettre d’aller plus loin : prendre du recul par rapport à elle pour éviter de partir en boucle, de ruminer, on l’a déjà dit mais aussi s’en servir dans le processus d’acceptation de la situation. Je m’explique. Une émotion négative indique souvent que quelque chose n’est pas en adéquation avec nos attentes. C’est évidemment le cas lorsqu’on parle de blessure sportive.

En plus de la méditation, le deuxième outil que je te propose ici c’est de passer par un travail de journaling, d’écriture pour se poser les bonnes questions. En voici quelques-unes, mes questions-chouchous : « Quel est mon contrôle sur la situation ? » c’est à dire « Qu’est-ce que je contrôle ? », « Qu’est-ce que je ne contrôle pas ? ». C’est une des choses que j’aborde dans le premier épisode du podcast sur la psychologie positive si vous voulez en savoir plus. Le levier d’action ici est vraiment de revenir, autant de fois que nécessaire à ces questions pour lâcher prise sur ce qu’on ne contrôle pas et mettre en place les bonnes actions au sujet de ce qu’on contrôle. Le travail d’écriture est intéressant pour que ces questions s’inscrivent sur le papier et libère de l’espace dans le mental.

Il tient ensuite à toi de mettre en place les actions du « Qu’est-ce que je contrôle » ? Par exemple, en général, tu contrôles ton sommeil (tu as le choix d’aller te coucher à 22h avec un bouquin ou de trainer devant la télé, téléphone en main, jusqu’à 2h du matin…). Et ça, ça va faire une différence. Ça aura un impact sur ta forme, ton alimentation peut-être (parce qu’en trainant sur le canapé jusqu’à 2h du mat, on est souvent accompagné par des paquets de bonbons, de bateaux, même si on n’a pas faim…). Ça aura un impact sur la guérison de ta blessure et tu seras en prime, de meilleure humeur et peut-être même fier(e) de toi. D’autant plus que tu sentiras que, dans les domaines où tu as un contrôle tu as mis en place des choses. Ici, l’idée est de faire de son mieux pour se sentir mieux.
Le doute n’est alors pas un ennemi. C’est le reflet d’une incertitude qui te pousse à te poser des questions et à faire au mieux. Dans une situation que tu ne contrôle pas (la blessure sportive), le doute est alors en réalité un précieux allié ! Il peut nous inciter à évoluer. Et voilà comment retourner la situation comme une crêpe!! La démarche revient alors à accepter le doute et même à discuter avec lui puisqu’il peut être un bon conseiller au final. L’important est de trancher : Quelles sont les choses que je peux faire pour mieux vivre cette situation ?


Je voulais ici rebondir sur cette idée de faire, d’être dans l’action. Faire ça ne veut pas dire s’agiter dans tous les sens mais choisir des choses qui nous font du bien. Et comme souvent je vous le dis, osez la nouveauté. Si une porte se ferme ou simplement qu’il y a un doute sur le fait que cette porte s’ouvrira un jour, je suis certaine qu’en prenant le temps de réfléchir, certaines actions peuvent amener du bien-être. Quand je dis « réfléchir » cela peut prendre la forme suivante :
- Qu’est ce qui me plait dans les objectifs que je me suis fixé(e) et dans le sport que je pratique ?
- Puis-je retrouver ça ailleurs, dans un autre sport davantage compatible avec ma blessure ou même dans une activité très différente ?
Un exemple : comme je l’ai déjà dit, j’ai longtemps pratiqué la Poledance et je me suis beaucoup blessée. Je me suis aperçue qu’une des choses qui me plaisait c’était la création de chorégraphie. Mais quand on est blessée, pas évident. En analysant plus en profondeur, ce n’est finalement pas uniquement les figures qui me plaisaient mais plus largement la construction de personnages. Dans les périodes de blessures, j’étais donc plus focus là-dessus, sur la construction des personnages, et ça m’a permis de toujours rester connectée à la Pole même dans des périodes compliquées. Des chorées plus simples mais avec des personnages plus fouillés. Et ce qui est assez drôle, c’est qu’en ce moment, je me forme au Yogadanse pour justement intégrer cette partie chorégraphie qui m’est chère dans son enseignement. Un aspect dont je n’avais pas forcement conscience, mon amour pour la création de chorée s’est dessiné de manière plus précise grâce à la blessure.
Une chose géniale aussi avec l’action c’est que l’action amène la confiance en soi. C’est un des messages récurrents que j’aime transmettre : c’est l’action qui mène à la confiance, pas l’inverse ! Et il y a un rapport avec le doute :
Le doute est problématique aussi parce qu’il peut nous faire complètement douter de nous. Mais lorsqu’il s’établit dans un espace de confiance, on le vit mieux. J’ai confiance, je peux gérer ou apprendre à gérer, je le sais, j’ai confiance !
Ma piste de réflexion est donc de travailler sur la confiance en toi, en passant à l’action.

3) A présent, je voudrais aborder un cas particulier qui peut-être te concerne, toi qui m’écoutes ou toi Laurène. Les périodes où tu n’es pas blessé(e) mais tu as peur et tu doutes du retour de la blessure.
Sache déjà que le stress favorise l’apparition des blessures et qu’apaiser le stress est une priorité. Cela peut se faire grâce au Yoga et la méditation mais l’hypnothérapie et la sophrologie par exemple sont également des pistes intéressantes.
De plus, le cerveau nous joue des tours et la douleur peut perdurer au-delà de la lésion physique en elle-même. Certaines douleurs chroniques prennent leurs racines dans ce processus. Attention, ça ne veut pas dire que la douleur n’hésite pas : ça veut dire qu’elle est générée en absence de lésion physique. Et ce qui est intéressant, c’est que la peur d’avoir mal est un paramètre qui favorise l’apparition de ce phénomène. Encore une fois, notre cerveau nous veut du bien, il veut nous protéger mais il emploie parfois des moyens pertinents mais qui ne nous aident pas !

Petit aparté : Attention à l’erreur inverse ! la peur d’avoir mal est contre-productive mais foncer tête baissée n’est pas non plus judicieux. Un levier est d’apprendre à être plus à l’écoute du corps. Quand on n’est plus blessé, une tendance est de repartir tête baissée. Être à l’écoute du corps est primordial pour ne pas se reblesser ! Apprendre à faire la différence entre courbatures acceptables et trop intense, entre étirement correctement localisé et douleur,etc… est une clé.

4) 4ème aspect que je souhaite aborder : Cet épisode est un peu long mais tant pis, je te donne un autre point important sur lequel te pencher pour gérer le doute. L’identité !
Lorsque tu doutes de l’issue de ta blessure, tu remets en cause ton identité sportive. Si tu ne peux pas réaliser toutes les choses que tu souhaiterais faire dans le domaine du sport, tu as peut-être l’impression que ton identité sportive s’effrite. Et lorsque cette identité est prédominante, c’est compliqué. Il est donc important de prendre conscience de la part que l’identité sportive prend dans ta vie. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse mais cela t’offre un levier d’action. Qui es-tu sans le sport ? Alors peut-être répondras-tu « rien ». Mais alors demande aux gens avec qui tu interagis : te perçoivent-ils uniquement comme Laurène la sportive ? Quelles sont les qualités, hors sphère sportive, qui ressortent ? N’oublie pas que la seule chose qui est permanente c’est l’impermanence. Alors parfois on s’enferme dans une identité… Et la blessure est une occasion d’aller voir un peu au-delà de cette identité. Cela ne signifie pas abandonner son identité sportive mais l’élargir ! En bref, ton identité a le droit d’évoluer.
Est-ce que le fait de dire « si je ne réalise pas ceci, alors j’aurais raté ma vie » ne serait pas une fausse croyance ?
Autres pistes de réflexion qui ne s’appliquera peut-être pas à toi mais qui ne coute rien d’explorer: A quel point ces objectifs sont vraiment les tiens ?
Et oui, je ne pouvais bien sûr ici ne pas parler du regard des autres dans cette identité. Ne laisse pas les autres te faire croire que ton identité est figée. Il est important de vérifier qu’on ne reste pas collé à notre identité sportive par rapport au regard des autres. On a le droit d’y rester collé mais pour les bonnes raisons, parce qu’on a des objectifs réellement alignés par rapport à nos valeurs et pas alignés à celle du voisin ! Je répète, ce n’est pas bien sûr forcément le cas mais c’est une piste de recherche. Ces buts que j’ai peur de ne pas atteindre, est-ce que c’est moi qui les ai fixés ou est-ce que je les ai fixés pour quelqu’un d’autre ? Si c’est le cas, c’est bien sûr un travail sur les objectifs qui peut être fait. Là encore je te conseille comme outil d’exploration, le journaling c’est-à-dire le passage à l’écriture.

4) Le journaling peut également s’inscrire dans une réflexion autour de la question : Et si l’issue est défavorable ? Y a-t-il des choses que je peux mettre en place, dès à présent ou plus tard, pour vivre cela au mieux ? Ce n’est pas forcement agréable mais en mettant en place un plan B, on tranquillise le mental. Par exemple, si je ne suis pas prêt ou prête pour cet évènement sportif alors différents choix : j’irai en supporter, je m’offre une journée au SPA, j’organise un WE entre amis au bord de la mer, je pars pour un WE rando avec mon ou ma chérie…
C’est surtout valable pour des petits objectifs ponctuels : lorsqu’il s’agit de projets de plus large ampleur, on en revient à la réflexion autour de l’identité, des valeurs essentielles, des objectifs…

Pour terminer, j’avais envie de souligner deux choses qui me semblent importantes à mettre en avant dans cet épisode autour du doute.
1ère chose :
Pour l’instant tu doutes : vais-je parvenir à atteindre mes objectifs ou pas ?
Il est possible que la réponse soit non et que tu perçoives cela comme un échec. Saches que tu as le droit d’échouer. Ce qui est important, ce n’est pas de ne pas échouer. L’important c’est d’éviter de faire des erreurs. Je m’explique.
Tu échoues lorsque l’issue de la situation n’est pas conforme à tes attendus.
Tu fais une erreur lorsque tu prends la mauvaise décision (ou parfois, que tu n’en prends pas d’ailleurs…).
Une bonne décision peut mener à un échec. Je prends un exemple entendu dans le podcast Ping : Tu as le choix de jouer ou non. C’est un jeu de hasard. Tu lances une pièce. Si c’est pile, tu gagnes 1000euros. Si c’est face, tu perds 1 euro. Tu seras d’accord je pense pour dire que la bonne décision est de jouer. Mais cela n’empêche pas que tu peux échouer (perdre 1euro).
La bonne décision permet de se sentir aligné(e), cohérent(e).
Laurène, je ne sais pas si tu atteindras tes objectifs mais ce que je te propose c’est de prendre les bonnes décisions. Peut-être que même en prenant des bonnes décisions, cela ne suffira pas mais tu augmentes la probabilité d’atteindre tes objectifs. Pour ces décisions, je te renvoie à ce qu’on a dis dans le podcast comme demander plusieurs avis, pratiquer la méditation, le journaling, passer à l’action, etc…


2ème chose pour terminer :Je voulais conclure avec une phrase de Socrate : « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ». J’aime beaucoup cette phrase parce qu’elle nous invite à lâcher prise. Finalement et je ne dis pas ça pour plomber l’ambiance mais la seule issue certaine qu’on connait, c’est qu’on va tous mourir. Bonne ambiance, bonjour ! Nicolas Galita a d’ailleurs écrit un livre très interpellant à ce sujet « Tu vas mourir et tant mieux: 12 principes pour mieux vivre sa vie ».
On peut voir ce constat comme quelque chose de négatif bien sûr (et franchement, ça l’est !) mais de cette unique certitude, on peut en faire une force : là encore, ça nous invite à se lâcher la grappe, à voir finalement la vie comme un jeu. Mais pas comme un jeu avec un but à atteindre obligatoirement. Un jeu avec un chemin à suivre, peut-être linéaire pour certains, peut-être beaucoup moins pour d’autres…
Et je terminerai avec la question que j’aime bien me poser : Qu’est-ce que la Agnès de 80 ans me conseillerais ? Et toi : qu’est-ce que le toi de 80 ans te conseillerais ? Alors oui peut-être qu’à 80 ans tu n’auras pas fait tout ce que tu voulais faire. Mais par contre, comment veux-tu vivre le chemin ? Quelles actions vont permettre à ton ou ta « Toi » de 80 ans de te dire : « bravo, tu as fait au mieux et en plus tu as profité du chemin. ». Et le ou la « Toi » de 80 ans te dirais surement : « Tu n’avais pas toutes les cartes en main, tu avais de l’incertitude mais tu as fait au mieux». Tu n’es peut-être pas allé exactement là où tu le pensais mais peu importe… Le chemin a été chouette !


Avant de résumer ce qu’on a dit, je te rappelle que si tu veux avoir accès à plus de contenu, par exemple sur les réseaux ou via ma newsletter bimensuelle… je te donne en commentaire un lien unique qui te guidera vers tout ça.
Passons à présent au résumé de l’épisode : C’est normal si tu doutes, si tu as de l’incertitude et si ça génère de l’anxiété chez toi. Les neurosciences le disent, le Yoga le dit, mon expérience personnelle le dit. Et à ce propos c’est plutôt cool parce que je suis un exemple de sportive qui a longtemps subi des blessures (et quand je dis longtemps, on est sur des années) et qui s’en est sorti. Et c’est d’ailleurs pour ça que je suis là, pour transmettre tout ce que mon expérience, le Yoga et les Neurosciences m’ont appris. Côté actions ou réflexions à mettre en place :
1er point- Ne pas hésiter à s’informer, consulter pour avoir le maximum d’éléments de réponse et faire diminuer cette sensation d’incertitude.
2ème point- Travailler autour des émotions et des pensées. La méditation est un moyen d’observer ses émotions et ses pensées mais sans s’y accrocher afin de sortir du cercle des ruminations et sans s’identifier à ces émotions.
Le journaling est aussi un outil de choix pour se poser les bonnes questions afin de mieux vivre les périodes d’incertitude.
Ce processus te permettra aussi de mettre en place les bonnes actions. Et n’oublions pas qu’agir c’est prendre confiance. L’action, la décision juste sont des leviers pour te sentir mieux quelle que soit l’issue de la situation.
3ème point : Si c’est l’incertitude du retour de la blessure qui génère de l’anxiété, alors travailler autour de l’écoute du corps est probablement une piste prioritaire.
4ème point : Réfléchir à ton identité. Peux-tu l’élargir ? Dans quelle mesure a-t-elle été construire par ou pour les autres.
5ème point : N’hésite pas à imaginer un plan B, cela tranquillisera ton mental.

Un grand merci d’avoir écouté cet épisode ! Si vous l’avez aimé n’hésitez pas à me laisser une note et un commentaire ou à le partager pour m’aider à transmettre mon message. Je vous souhaite une excellente journée/ soirée/ nuit suivant le moment d’écoute et je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode ! Ciao Ciao
0 vue0 commentaire