Le paradoxe de la rentrée
9 sept.
3 min de lecture
Je ne vous retiens pas longtemps! Je sais que vous êtes potentiellement dans le tumulte de la rentrée, en train d'essayer de rester à flot malgré l'agitation propre au mois de septembre...
Et peut-être même que vous vous sentez coupable de ne pas avoir 8 bras comme la déesse Kali... ou comme un poulpe (j'essayais une référence plus raffinée que celle du poulpe 🐙 mais je trouve que le poulpe est la métaphore la plus parlante).
J'ai deux grandes nouvelles:
- Vous n'êtes pas un poulpe (c'est une biologiste qui vous le dit, faites-moi confiance).
- Il est paradoxal de nous forcer à nous agiter à la rentrée... C'est ce que j'appelle le paradoxe de rentrée, un paradoxe qui nous conduit souvent à nous épuiser si l'on n'y prend pas garde.
Dans cet article, je vous présente ce paradoxe de rentrée et une question pour l'adoucir.
Le paradoxe de la rentrée
Je sais que la tendance sur les réseaux est plutôt à la rentrée parfaite... Par exemple, il est de bon ton de se réveiller fraîche comme une rose à 6h du matin (respect, moi je ressemble à un T-shirt laissé dans le sèche-linge trop longtemps).
Il est également de bon ton d'avoir des enfants parfaitement coopératifs, tellement heureux de se lever et de se préparer... dans la joie et la bonne humeur, de manière tout à fait autonome... (Oui, même Jean-Eugène, 2 ans et 4 mois... Je n'ai pas d'enfants mais je suis à peu près certaine que réveiller les enfants est une étape de la journée qui possède sa part de variabilité!).
Mais si vous n'êtes pas sous des auspices aussi enchanteurs à la rentrée, rassurez-vous: c'est plus que normal et voilà pourquoi...
⚪ Ou pourquoi vous n'avez pas à vous sentir coupable si vous êtes un peu débordé(e)s
Dans la tradition celtique (J'aurais aussi pu m'inspirer de la Médecine Traditionnelle Chinoise ou juste du calendrier des saisons mais ce qui m'intéresse c'est l'idée), nous sommes depuis le 1er août dans une période de récolte.
Lammas (qui signifierait "Fête du pain") est une fête celtique qui marque la première récolte de l'année. La subtile bascule vers l'automne a déjà commencé. Les jours raccourcissent progressivement et la nature entre dans le temps des récoltes.
Pour la petite histoire, le premier grain est traditionnellement moulu, transformé en pain et partagé avec la communauté. C'est également un moment où des graines sont mises de côté afin d'être semées au prochain printemps. Ces graines à replanter pouvaient être symboliquement tressées en poupée de grain appelée Corn Dolly.
Ces coutumes mettent en évidence l'importance des passages à travers les périodes et les saisons.
Et c'est exactement ce que... nous ne faisons pas!
Et là réside le paradoxe de la rentrée: nous replantons immédiatement nos graines. Nous repartons dans de nouveaux projets alors que l'évolution des saisons nous invite à une énergie de réception plutôt que de construction.
Même pas le temps de tresser Corn Dolly qu'il faut déjà la semer...

⚪ Est-ce que j'ai une solution à ce paradoxe?
Moi présidente... je ne sais pas exactement ce que je ferais 😅!
La réponse est complexe, car nous sommes à la jonction entre le rythme de la société et celui des saisons. Et les deux s'accordent aussi bien que le Nutella et les cornichons.
Bien sûr que les grandes vacances, c'est bien pour profiter de l'été 🏝️... Que la rentrée doit donc se faire en septembre. Et qui dit rentrée dit "nouveauté" et "remplissage d'emploi du temps". C'est économiquement logique.
Mais si nous étions Winnie l'Ourson, c'est au printemps que nous ferions notre rentrée après des vacances spéciales hibernation. Mais nous ne sommes pas plus des ours que des poulpes...
La seule solution est donc d'avoir conscience de l'écart entre ce qu'on nous demande et ce qui est naturel. Non pour refuser l'élan de rentrée mais pour être vigilant face au rythme que nous nous imposons. Et vigilant face au jugement que nous portons sur nos "performances de rentrée".
J'ai une question à vous proposer pour orienter votre réflexion et l'ajustement éventuel de vos attentes envers vous-même.
Quelle graine vais-je conserver pour la suite?
Y a-t-il des projets qui peuvent attendre un moment plus propice?
Puis-je prioriser certains projets et conserver quelques Corn Dolly pour plus tard?
Le plan n'est pas de coloniser notre canapé en compagnie de notre pot de Nutella (version sans cornichon). Mais c'est d'avancer de manière plus fluide, moins chaotique.
Le problème n'est pas réellement de replanter des graines. Le problème est de planter toutes les graines en même temps à un moment de l'année qui nous invite plutôt à récolter... à progressivement ralentir.

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